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 Annexe IV

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INTERACTIONS  DURABLES  

Ecologie et évolution du parasitisme  

                          par Claude Combes, professeur à l'université de Perpignan, Directeur du Centre de biologie et d'écologie tropicale et méditerranéenne, ( Editions Masson. extraits )

 < Qui n'héberge pas de parasites ?  

      Lorsqu'on parcourt le règne vivant "de bas en haut " tout se passe‚comme si les organismes en bas de l'échelle étaient principalement des parasites et plus rarement des hôtes, alors qu'à l'inverse, en haut de l'échelle, les organismes deviennent des hôtes de plus en plus accueillants, mais ne sont généralement plus parasites. Cela peut d'ailleurs simplement refléter l'accroissement de la taille au cours de l'évolution, car, dès l'instant que l'hôte constitue l'habitat du parasite, tout organisme de petite taille a vocation à devenir parasite d'un organisme de grande taille, mais non l'inverse. Comme nous l'ont montré nos considérations sur la richesse parasitaire, il est clair aussi qu'en rendant les organismes de plus en plus complexes, l'évolution ouvrait sans cesse de nouvelles niches ( les nouveaux "appareils" ou "organes" ) pour les parasites.

      A la question "qui n'héberge pas de parasites ? ", la réponse est qu'il existe peut-être des espèces vivantes qui n'ont pas de parasites, encore que leur existence reste à démontrer, mais qu'il n'existe aucun groupe d'organismes vivants qui échappe au parasitisme. Cela est valable pour les parasites eux-mêmes, car il existe des parasites des parasites, et ils sont même communs. La vie peut être vue comme un système de poupées russes emboîtées, où chacun est parasité par un autre, de plus en plus petit évidemment.

      Bien sûr, on est tenté d'objecter que cela doit s'arrêter à un moment donné, et en déduire que les organismes les plus microscopiques, bactéries et virus, n'ont plus de parasites. C'est inexact...

      Les bactéries ont des parasites bien connus ; ce sont des virus appelés bactériophages, dont nous avons dit qu'ils sont plutôt parasitoïdes, car ils tuent leurs bactéries hôtes. Les bactéries hébergent aussi de plus petits fragments d'ADN circulaire double brin, les plasmides, qui présentent tous les caractères de parasites conférant un avantage à leur hôte. C'est à dire dont le phénotype étendu comporte des effets favorables pour les bactéries hôtes ( ils peuvent notamment conférer des résistances aux antibiotiques ).

      Quant aux virus, ils ont aussi leurs parasites,  même si personne  ne les désigne sous ce vocable. Les plus petits êtres vivants connus sont des viroïdes, minuscules fragments d'ARN simple brin ( quelques centaines de nucléotides ) qui vivent en parasites dans les cellules de diverses plantes. Les viroïdes se répliquent en utilisant des enzymes de leurs hôtes, car leur génome ne code pour aucune protéine. Cependant, certains viroïdes (on les appelle des "RNA satellites à structure de viroïdes" ou "viroïdlike satellite RNA") se trouvent dans la capsule de véritables virus (les virus sont faits d'ARN ou ADN, plus une capsule de protéines ) et c'est à ces derniers qu'ils empruntent la machinerie nécessaire à leur réplication... Les virus ont donc des parasites, car je ne vois pas quel autre statut on peut attribuer à ces viroïdlike satellite RNA. Pour être franc, on ne connaît pas de parasites de viroïdes, encore que l'on ne saurait exclure qu'ils aient, malgré leur petite taille, des séquences d'origine parasitaire. > (page159)

 < Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

      La circulation des parasites dans les écosystèmes prend souvent l'apparence de jeux de piste compliqués dont la valeur adaptative n'est pas toujours évidente au premier abord. Cette complexité en apparence gratuite est souvent  ce qui frappe le plus le non parasitologue lorsqu'il découvre le monde du parasitisme.

      Pour les spécialistes en dynamique des populations ‚le cycle "complexe"‚ne pose aucun problème particulier.

      La seule réserve qui doit être faite est que les cycles que nous observons aujourd'hui sont ceux que les pressions sélectives ont modelé pendant des dizaines, sinon des centaines de millions d'années. C'est la raison pour laquelle le cycle ne doit pas être interprété comme la meilleure adaptation possible aux conditions actuelles, mais comme la meilleure adaptation possible à l'ensemble des conditions dans lesquelles s'est opérée la sélection. >        (page165)           

 < Dimension immunitaire (les gènes de résistance...)

      L'influence des caractères génétiques sur le cours des maladies parasitaires a été largement démontrée, soit sur des modèles de laboratoire, soit chez l'homme lui-même, et aussi bien chez les hôtes définitifs que chez les hôtes intermédiaires...

      Les inégalités d'origine génétique liées aux gènes codant pour des caractères du système immunitaire sont les plus importantes dans la majorité des cas ; certains individus ont ou acquirent une résistance plus ou moins complète. > (page113)

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