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MERCURE  DENTAIRE  Diagnostic et traitements

  M. Dogna. Extrait de : “Soignez-vous!”  N° 24. samedi  22 JUIN 2002

  Le mercure est un métal dont la toxicité est connue depuis l'Antiquité . Dans le précédent « Soignez-vous ! » (n° 23), nous avions présenté l'officialisation des rapports de Kiel et Tübingen, sur la dangerosité des amalgames dentaires au mercure, laquelle était niée depuis des décennies par l’orthodoxie dentaire française malgré les séquelles au long cours enregistrées chez des centaines de milliers de personnes. Les rapports de cause à effet ne sont toujours pas reconnus chez les victimes que l'on matraque souvent avec des drogues psychiatriques, lorsqu'elles deviennent trop lucides ou trop dérangeantes. Pourtant, il y a longtemps que les autres pays ont appliqué les principes de précaution face aux conséquences dramatiques du mercure dentaire à long terme sur le plan neurologique.

Au  mot mercure,  on trouve environ  17 000 études scientifiques sur internet ( bibliographie scientifique médecine ). Ce  toxique redoutable fait l’objet des normes les  plus sévères qui existent :

- concentration minimale  sans risque pour des cellules vivantes : 0,1 µg/l (1g= 1 000 000 µg )

selon la norme de l’Environment Protection Agency  (E.P.A) des USA.

  -Norme OMS pour l'eau potable: 1 µg/l (en comparaison: 50 pg/l pour l'arsenic et le plomb).

- Norme E.P.A. pour les locaux grand public: 1 µg/m3 d'air.

L'emploi du mercure a donc été interdit dans de nombreux domaines : semences, pâte à papier, peinture, piles, thermomètres... Sa production mondiale est passée, en 30 ans, de 10 000 tonnes à 2 000 tonnes. Un amalgame (ou “plombage gris”) contient environ 1 g, soit 1 000 000 de µg de mercure, ce qui est énorme, ainsi que d'autres métaux toxiques (argent, étain s'il est méthylé ... ).

Le mercure d'un amalgame est-il stable ?

Dans la bouche, un plombage subit abrasion mécanique, corrosion chimique et électrochimique. De nombreuses études (composition de vieux amal­games, mesure de vapeurs, analyse de la salive, étude de la dentine) ont montré qu'il libère les métaux qui le compo­sent. Le mercure est relargué sous forme de vapeurs (mesu­rables avec l'appareil Jérôme). Ce métal, sous forme d'ion mercurique, est également dans le sang. Enfin, des quantités importantes de vapeurs de mercure sont libérées lors de certains travaux dentaires : pose, polissage, meulage et dépose des amalgames.

Référons-nous à la plus vaste de ces études : celle de l’Université de Tübingen (Allemagne, 1996), au cours de laquelle 20 000 salives ont été analysées avant et après mastication.

Rappel : Lire «Amalgames dentaires, un problème de santé publique. Rapports de Kiel et Tübingen», éd. Marco Pietteur, 35€.

Après mastication, 90 % des personnes ont une concentration en mercure dans leur salive supérieure à 5 µg/l. Pour 10 %, elle est supé­rieure à 100 µg/l ! (4 millions de Français environ dépassent ce taux), 0,1 % des per­sonnes ont un taux supérieur à 1000 µg/l !

Les effets du mercure sur la santé ont été décrits depuis longtemps. Ce métal altère toutes les protéines (de membrane, enzymatiques, du système immunitaire), les organes intracellulaires, le matériel génétique et la division des chromosomes. Les conséquences sont multiples : troubles psychologiques ou psychiatriques (angoisse, irritabilité, dépres­sion ... ), troubles intestinaux, atteintes du système nerveux de type divers, atteintes rénales, allergies, maladies auto-immunes, maladies de la peau, affections buccales, troubles circulatoires, hypertension, at­teintes de la vision et de l'audition... Des petits troubles de santé peuvent éventuellement être liés à une intoxication par le mercure : excès de salive, excès de sueur, fatigue inexpli­quée, insomnie, vertiges, maux de tête...

Le mercure traverse le placenta. On le retrouve aussi dans le lait maternel.

Que devient le mercure des plombages ?

Les vapeurs sont éventuellement absorbées par les pou­mons (à 80 %), voire par les sinus. Elles sont ensuite fixées en grande partie par le cerveau. Le mercure ionique est absorbé par le tube digestif, voire par la bouche. Il peut être méthylé par des bactéries de la bouche et du tube digestif, ce qui va beaucoup augmenter son absorption digestive.

Le mercure s'accumule ensuite dans divers organes: reins, mâchoires, foie, placenta, cerveau...

Chez l'animal, après la pose de plombages, la teneur en mercure augmente rapidement dans tous les organes: 20 à 100 fois plus au bout de 40 jours. Certains organes sont beaucoup plus contaminés (de 100 à 9 000 fois plus ): estomac, placenta, foie, os alvéolaire, reins. La teneur dans le sang et les urines est par contre très faible.

Chez l'homme, des autopsies ont montré des taux de mercure très élevés dans certains organes, chez les dentistes et les porteurs d'amalgames, ainsi que chez les foetus (après fausse couche) et les nourrissons (décédés de mort subite) dont les mères portaient des amalgames.

On peut par contre mettre en évidence le mercure et les autres toxiques des amalgames:

- dans la salive après mastication et avant mastication.

-  dans l'urine et dans les selles après prise d'un produit spécifique (chélateur).

On peut aussi mettre en évidence une intoxication aux métaux lourds par une analyse de cheveux (signes indirects: excès de calcium, de magnésium ... ).

Ces examens se font à domicile et sont envoyés dans des laboratoires agréés et spécialisés dans ce domaine. Ils doivent être interprétés par un spécialiste en corrélation avec un questionnaire détaillé sur vos troubles de santé, votre environnement, votre histoire dentaire... que vous remplissez.

Comment ne pas s'intoxiquer lorsque l'on se fait enlever les amalgames suite à des tests  positifs ?

Votre dentiste doit être conscient de la toxicité du mercure (il doit d'ailleurs lui-même se protéger) et appliquer les mesures préconisées par le Ministère de la Santé :

- il doit fraiser le moins possible dans l'amalgame et utiliser un aspirateur chirurgical puissant avec son autre main (attention, ce n'est pas l'aspirateur à salive habituel qui est bloqué par la lèvre).

- il doit utiliser un champ opératoire (ou digue) en latex qui isole la dent et évite d'avaler du mercure. Il doit de plus appliquer les mesures supplémentaires recommandées par l'Association*.

(*Association « Non au mercure dentaire » BP. 6051. 34030. Montpellier cedex 1. http://nonaumercuredentaire.free.fr )

-  il doit utiliser son aspirateur chirurgical avec un embout amovible spécial (clean up de Suède).

- lui et son patient doivent porter un masque au charbon.

Ces précautions ne sont hélas prises que par une poignée de dentistes en France.

Attention! Toute dépose non précautionneuse peut se révéler dramatique... (souvent graves troubles de santé et il faut des années pour éliminer le mercure stocké à cette occasion, en particulier dans le cerveau ).

Est-il nécessaire de faire un traitement dépolluant après la dépose?

Précisons qu'une dépose très précautionneuse n'est que la toute première étape du traitement en cas d'intoxication. Un traitement spécifique par chélateur doit être poursuivi pendant quelques années et des examens prouvant la décontamination doivent être pratiqués, en particulier en cas de maladie. En effet, les métaux dentaires, contrairement à des toxiques médicamenteux, sont très lentement éliminés (plusieurs années).

Pourquoi un métal aussi toxique que le mercure est-il utilisé dans les amalgames dentaires ?

Au milieu du XIXe siècle, ce métal était interdit en raison de sa grande toxicité : seul l'or était utilisé pour le traitement des caries. Des dentistes peu scrupuleux ont commencé à utiliser le mercure aux États-Unis pour une clientèle qui ne pouvait se payer de l'or, risquant ce faisant l'interdiction d'exercer, car mettant en danger la santé de leurs patients. Malgré cela, la pratique s'est généralisée, et vers 1870, la Société Américaine des Chirurgiens Dentistes dut se dissoudre et faire place à l'Association Américaine de Dentisterie qui militait pour l'emploi du mercure... Ce procédé s'est ensuite généralisé dans les pays riches.

Les matériaux dentaires (à l'instar des matériaux chirurgicaux) ne font pas l'objet de tests légaux de toxicité, tests utilisés pour le moindre additif alimentaire ( tests de cancérogénicité, tératogénicité, cytotoxicité, génotoxicité ... ): les autorités sanitaires se contentent de la norme Afnor, norme des industriels (qui ont tout intérêt à être les moins exigeants possible afin d'abaisser les coûts de recherche et de fabrication ). Grâce à un intense lobbying, les autorités dentaires ont réussi au niveau européen, à exempter les amalgames des futurs tests de toxicité qui doivent être mis en place (au prétexte que les amalgames ont fait leurs preuves depuis 150 ans !).

Les autorités françaises désinforment le dentiste de base, assurant que les amalgames ne présentent aucun danger (sauf allergie locale), passant sous silence toutes les études scientifiques sur ce sujet, ou les falsifiant (en divisant par exemple par 1000 les chiffres de contamination des organes à l'étude de Vimy sur les brebis gestantes et, inversement, en multipliant par 1000 les taux de mercure dans les aliments). Le Conseil de l'ordre des Dentistes est par contre très actif quand il s'agit de poursuivre en justice des journalistes ayant écrit un article critique sur les amalgames, ou bien l'association nationale « Non au mercure dentaire », lui reprochant de conseiller la dépose des amalgames (suite à des tests prouvant une intoxication), ou bien des dentistes et des médecins utilisant les tests de salive du CNRS.

L’association fait l'objet depuis 2 ans de pressions inadmissibles dans un pays démocratique: blocage complet de son téléphone, effacement de son site internet, fausses dettes imputées aux responsables, menaces, harcèlement en tous genres. La citation du révolutionnaire Nicolas de Chamfort semble toujours d'actualité: - « En France, on laisse en repos ceux qui allument le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin ».

Au niveau des autorités sanitaires, le Conseil Supérieur de l'Hygiène Publique de France a édicté, en mai 1998, des recommandations qui restent très timides.

Ces recommandations ne font pas l'objet d'un contrôle et ne sont pas suivies par l'immense majorité des dentistes. Un scientifique, membre de cette commission, a répondu à un journaliste de Canal + lui demandant pourquoi les amalgames n'étaient pas frappés d'interdiction, que « cela provoquerait une hystérie collective et ferait exploser la Sécurité Sociale », tout le monde se précipitant chez le dentiste pour faire retirer ses plombages.  

Le Gouvernement, vu les enjeux financiers, n'en viendra à l'interdiction des amalgames que sous la pression de l'opinion publique soutenant l'association nationale « Non au mercure dentaire », qui a bien du mal, à l'heure actuelle, à se faire entendre. D'ores et déjà, cette interdiction est programmée en Suède (mais le traité de Maastricht obligeant à la libre circulation des matériaux, y compris toxiques, elle se contente pour l'instant de ne plus rembourser la pose d'amalgames), L'interdiction ne devrait pas tarder en Autriche et se discute en Allemagne.

La France va-t-elle encore être la lanterne rouge de l'Europe, comme pour l'amiante, l'hormone de croissance, le sang contaminé... ?

Le groupe Vert de l'Assemblée Nationale a eu une attitude active vis-à-vis de ce problème :

En mars 1999, André Aschieri, député Vert des Alpes-Maritimes, a demandé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur la toxicité des amalgames dentaires. Très vite, les Verts ont été « déchargés » du dossier par le PS qui a nommé un rapporteur chargé de préparer un rapport à ce sujet. Bien que reconnaissant que « le problème posé par les amalgames dentaires est un problème sanitaire important » ce rapporteur a demandé le rejet de la demande, au motif qu'« une commission d'enquête n'a pas les capacités techniques d'une telle expertise scientifique ». Parmi les arguments des députés (de tout bord politique) de la commission, on trouve : « Il serait inopportun de créer une commission d'enquête sur chaque produit sanitaire faisant l'objet d'une controverse ». Le rapporteur a d'ailleurs « avoué » avoir été très sollicité par de hauts fonctionnaires des Ministères de la Santé et de l'Environnement et par des dentistes pour que rien ne soit fait... (France-Soir du 14 mai 1999).

En attendant, une cinquantaine de patients ont porté plainte contre X pour empoisonnement par les métaux dentaires devant le Tribunal de Montpellier (d'autres plaintes suivront probablement). Ces plaignants sont soutenus par l'association " Non au mercure dentaire ". La pétition réclamant l'interdiction du mercure dentaire a déjà reçu plus de 7000 signatures.

En Allemagne, 1500 intoxiqués ayant porté plainte pour empoisonnement par les métaux dentaires ont gagné leur procès contre le gros fabricant d'amalgames qui avait pourtant le « bras long »...

L'association nationale « Non au mercure dentaire » réclame la mise en place d'une enquête (de type Sofres) au cours de laquelle serait analysée la salive de porteurs d'amalgames sains et malades, et de non porteurs d'amalgames. Une mesure des vapeurs de mercure en bouche serait aussi effectuée à l'aide de l'appareil Jérôme. Cette étude, de très faible coût, voire gratuite, devrait être menée par des scientifiques indépendants en présence d'huissiers et de journalistes.

Pour recevoir le matériel nécessaire pour faire à domicile les tests de salive et de cheveux, ainsi que ceux d'urines et de selles avant et après un médicament dépolluant, interpréter ces tests, faire une mesure de vapeurs de mercure en bouche, être guidé pour une ablation non dangereuse des amalgames et un traitement dépolluant, contacter : Environnement, maladies et santé (Organisme de formation et de recherche en médecine environnementale) :

*Association « Non au mercure dentaire » BP. 6051. 34030. Montpellier cedex 1. http://nonaumercuredentaire.free.fr

Extrait de la revue : “Soignez-vous!” - N° 24 - samedi  22 JUIN 2002

voir aussi : http://soignez-vous.com 

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