POINT DE VUE BIOLOGIQUE
"Un autre point, à propos du rôle écologique des parasites
: ceci exclut toute affirmation du genre "par définition un parasite est
uniquement nuisible" : ceci est une définition administrative, et non
biologique. La définition biologique doit être identifiée, elle ne peut être
posée arbitrairement, contrairement à une définition administrative".
Le varron est la larve finale ou presque d'une mouche qui pond ses oeufs
sur les bovins. Dès l'éclosion, les premières larves pénètrent sous la peau de
l'hôte et migrent jusqu'à sortir sous la peau qu'elles trouent en provoquant une
inflammation : l'hypodermose.
Claude
Combes, professeur d'écologie parasitaire, explique qu'il n'existe pas d'être
vivant sans parasite (annexe IV).Nous trouvons également dans son livre le
passage suivant :
"Le fait que les parasites soient peu ou non visibles les ont fait longtemps ignorer des écologues. Aujourd'hui cependant, il apparaît que leur rôle est essentiel dans les processus aussi différents que la régulation des populations d'animaux libres, la structuration des écosystèmes ou l'acquisition de nouvelles formes de vie."
Cette
position s'oppose à celle développée par la Fédération Régionale des Groupements
de Défense Sanitaires de Normandie (FRGDS) (annexe
V). Malheureusement, ce sont
eux qui détiennent le pouvoir, nous contraignant à faire ce qu'ils ont décidé,
et traitant notre démarche de pseudo-scientifique.
Contrairement à ce qu'affirment les Groupements de Défense
Sanitaire (GDS),le varron ne se développe pas que sur les bovins, comme le
confirme le professeur Loc Matile du Muséum d'Histoire Naturelle (
annexe VI ).Les
hôtes recensés d' H.bovis et lineatum sont, en plus des bovidés, les chèvres, les
moutons, le cheval et l'homme. Il existe même des
hypodermes qui parasitent l'âne et le cerf.
Il ressort des documents consultés que lorsque l'hypoderme se développe
sur des hôtes inhabituels, il peut devenir dangereux. Ainsi, D.S. Kettle
(professeur émérite d'entomologie à l'Université de Queensland) a écrit en 1990
dans "Medicaland Veterinary Entomology":
"...Quelques fois, l'infestation d'hôtes anormaux par la larve d'Hypoderma peut être fatale. Une invasion du cerveau d'un
cheval par l'Hypoderma bovis aux Etats-Unis amena sa mort..." (page273).
"...L'infestation d'hôtes inhabituels, si elle réussit, peut être plus
dangereuse que sur les hôtes normaux..." (page 273).
Le professeur Duhamel, parasitologue au CHU de Caen, refuse d'écrire que
l'hypoderme ne peut pas parvenir au bout de ses mutations chez l'homme. Si cela
se produisait, l'homme deviendrait un réservoir potentiel pour ce parasite où il
ferait infiniment plus de dégâts que chez le bovin.
Dans un
document rédigé par l'INRA : " Le point sur l'hypodermose bovine en France en
2000 ", fourni par le Ministère de l'Agriculture, dans son mémoire devant la Cour
d'Appel Administrative de Nantes, on trouve sous la signature de Chantal Boulard
: "Dans les cas d'hypodermose humaine ces larves n'évoluent
qu'exceptionnellement au stade varron". Ce qui revient à reconnaître qu'il peut
exister une souche humaine d'hypoderme. Il s'agirait d'une mutation, mais la
disparition de la souche bovine, souche mère, accroîtrait considérablement la
probabilité que deux mutants de sexes opposés se rencontrent. L'éradication de
la souche bovine, loin d'éliminer le danger pour l'homme, l'aurait
considérablement accrû.
Pour obtenir son diplôme de docteur vétérinaire, Valérie Bland, épouse
Clément, a rédigé sa thèse en 1990 sur la " Tentative d'éradication du Varron en
Bourgogne".A aucun moment, elle ne se pose la question de l'impact biologique de
l'action entreprise. Elle ne cherche pas le rôle du varron, elle se borne à
étudier techniquement, froidement, sa disparition. Cependant, son travail est
plein d'enseignements. On y apprend que les animaux infestés fabriquent des
anticorps pour se défendre. Plus ils sont vieux, moins ils devraient avoir de
varrons, car de mieux en mieux protégés par leurs défenses. Ces anticorps, à
l'aide d'une analyse sérologique, permettent de savoir si l'animal hôte a été
infesté récemment. Les GDS préconisent d'ailleurs de faire des contrôles
sérologiques systématiques, pour s'assurer qu'il ne subsiste plus un seul varron
sur les bovins français. Sauf la Corse que l'arrêté ministériel du 6 mars
2002 dispense de la prophylaxie
Les bovins
systématiquement traités ne seront plus infestés et ne fabriqueront donc plus
d'anticorps. Ils vieilliront sans posséder de défenses. Dans le même temps, les
parasites se seront installés sur des hôtes inhabituels d'une part, et seront
devenus résistants aux traitements d'autre part. Les exemples ne manquent pas de
parasites qui devaient disparaître, à en croire les techniciens, et qui
aujourd'hui non seulement existent toujours, mais résistent de mieux en mieux
aux traitements : le doryphore, la piéride du chou, les poux humains. En Afrique,
les invasions de criquets ont disparu. Les palmeraies prennent le même chemin
car ces arbres sont attaqués par un parasite dont le seul prédateur est le
criquet.
Donc, en plus des dégâts importants que feront les varrons sur leurs
hôtes anormaux, ils reviendront sur les bovins sans défense, et il n'est pas
exagéré de penser que leur retour ne passera pas inaperçu. Joël
Sternheimer a démontré que le varron inhibe le prion. Il a témoigné en
ce sens devant deux juridictions pénales (annexe VII ).Cette recherche ne contredit
pas les travaux de Mark Purdey en Angleterre, ou les accusations portées contre
les farines animales. Ces dernières ont disséminé des prions, les traitements ont
fragilisé les animaux et provoqué des mutations de la protéine prion au point de
la rendre pathogène, et l'éradication a fait sauter le dernier barrage au
déclenchement de l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine, ou maladie de la
Vache Folle). Comme cette maladie saute la barrière d'espèce, nous voyons
apparaître des nouvelles variantes de la maladie de Creutzfeldt Jacob.
La Coordination a publié un tableau statistique qui ne
laisse pas de doute sur la corrélation entre l'éradication du varron et
l'apparition de l'ESB. Pour le professeur Michel
Bounias, la probabilité que la
liaison soit hasardeuse est de 1 sur 10 millions (annexe
VIII).
La dynamique des écosystèmes tente toujours de rétablir la circulation
interrompue par la destruction d'un maillon. Il a, chaque fois, été démontré que
le bilan n'est pas positif, au point que l'on développe aujourd'hui la défense
intégrée ou biologique sur les plantes, en remplacement des traitements
chimiques. Par bilan, il faut entendre la comparaison entre la situation de
départ et celle d'arrivée. Par exemple, les attaques de doryphores coûtaient par
la perte en pommes de terre. Ce coût est-il supérieur au prix des traitements
actuels et à leurs conséquences pour la santé du sol et des consommateurs ? Si
oui, le bilan est positif, si non il est négatif. L'agriculture biologique
véritable (celle qui recherche les équilibres par opposition à celle qui ne fait
que changer les produits de traitement) démontre tous les jours l'erreur,
simplement en termes de coût, que constitue le réflexe traitement.
Le traitement du varron détruit les vers intestinaux et quelques autres
parasites. Comme ils établit un équilibre entre l'hôte et le parasite, toute
intervention brutale n'a pour conséquence que de le
détruire, et c'est toujours l'hôte qui paie la facture. Il faut donc
s'attendre à de fortes perturbations des animaux traités. Le varron est
crédité de seulement 1 décès sur 1 million d'animaux, tandis que le traitement
tue 1 bovin sur 20000. Qui peut garantir une totale innocuité à long
terme? Personne et encore moins les promoteurs du traitement, à
tel point qu'ils refusent de signer un papier garantissant qu'il n'y aura pas
recolonisation de la niche écologique libérée (ce que nous appelons la charte
déontologique).
Les produits employés pour traiter ont, en général, des
délais d'attente (période pendant laquelle le lait et la viande sont
considérés comme impropres à la consommation). Ils ne sont en général pas
respectés. Pour s'en assurer il suffit de constater qu'il n'y a pas de
baisse dans l'approvisionnement des laiteries et des abattoirs. Or, comme le
traitement a lieu à un moment bien précis de l'année(en général à l'automne), si
les délais d'attente étaient respectés il devrait y avoir une grosse chute des
livraisons.
Pour échapper à cette obligation sanitaire, les GDS ont préconisé l'usage
de la microdose d'Ivermectine. Avec cent fois moins de produit que la dose
officielle le varron meurt. Ce tour de passe passe était censé emporter
l'adhésion des agrobiologistes et donner une couleur écologiste aux promoteurs.
Ils avaient tout simplement oublié que l'Ivermectine est interdite sur les
vaches laitières et que la microdose n'a pas d'AMM ( Autorisation de
Mise sur le Marché ). Interdictions juridiques
auxquelles il faut ajouter les dangers de mithridatisation des parasites
(accoutumance aux poisons par l'ingestion régulière de faibles doses).
A tel point que les assurances ont prévenu les vétérinaires qu'ils n'étaient pas
couverts en cas d'accident.
En Haute
Loire le directeur du GDS a appelé les agriculteurs a continuer le déparasitage
des bovins au delà du traitement varron obligatoire, au nom des résultats
constatés. Si les agriculteurs n'avaient utilisé que la microdose ils n'auraient
pas pu constater d'effet sur les autres parasites. Cet appel est en
fait l'aveu que derrière un prétendu traitement "écologique" ont été employés
des produits et des doses bien différentes.
Les bios ont cru
échapper à toutes ces critiques en remplaçant les produits chimiques par de
l'isothérapie, de l'eau oxygénée, etc... Les conséquences de l'éradication
sont les mêmes, avec en plus, une inculpation possible pour publicité
mensongère, si les services de répression des fraudes faisaient leur travail en
toute indépendance. Car
l'agriculture biologique se gargarise de respecter la vie, les écosystèmes et la
biodiversité, ce qui n'est plus le cas quand elle accepte le principe
d'éradication.
Nous ne pouvons pas accepter que pour compenser leur incompétence,
les tenants du "tout traitement" nous obligent à détruire les équilibres et les
écosystèmes qui sont la base de la vie. Les animaux touristiques ne sont pas les
seuls à devoir être protégés et montrés. La biodiversité ne se divise pas.
Lire (annexe IX) le témoignage du professeur
Michel Bounias devant le tribunal
pénal de Nantes.