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                       POINT DE VUE BIOLOGIQUE

 

"Un autre point, à propos du rôle écologique des parasites : ceci exclut toute affirmation du genre "par définition un parasite est uniquement nuisible" : ceci est une définition administrative, et non biologique. La définition biologique doit être identifiée, elle ne peut être posée arbitrairement, contrairement à une définition administrative".  Professeur M. Bounias

      Le varron est la larve finale ou presque d'une mouche qui pond ses oeufs sur les bovins. Dès l'éclosion, les premières larves pénètrent sous la peau de l'hôte et migrent jusqu'à sortir sous la peau qu'elles trouent en provoquant une inflammation : l'hypodermose.   Détruire un être vivant, fût- il un parasite, c'est détruire un maillon de la chaîne  de vie. Le varron est un parasite, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas une fonction à assurer. Jani Vimond, le seul vétérinaire de France à nous soutenir publiquement (annexe III ) ne lui trouve pas que des défauts. Ne ferait-il qu'indiquer, lorsqu'il est en grand nombre, que son hôte n'est pas en bonne santé (car les parasites ne se développent en excès que sur des êtres affaiblis) qu'il aurait son utilité. La suppression du parasite ne résoudra pas la faiblesse de l'hôte.

      Claude Combes, professeur d'écologie parasitaire, explique qu'il n'existe pas d'être vivant sans parasite (annexe IV).Nous trouvons également dans son livre le passage suivant :

      "Le fait que les parasites soient peu ou non visibles les ont fait longtemps ignorer des écologues. Aujourd'hui cependant, il apparaît que leur rôle est essentiel dans les processus aussi différents que la régulation des populations d'animaux libres, la structuration des écosystèmes ou l'acquisition de nouvelles formes de vie."

      Cette position s'oppose à celle développée par la Fédération Régionale des Groupements de Défense Sanitaires de Normandie (FRGDS) (annexe V). Malheureusement, ce sont eux qui détiennent le pouvoir, nous contraignant à faire ce qu'ils ont décidé, et traitant notre démarche de pseudo-scientifique.

      Contrairement à ce qu'affirment les Groupements de Défense Sanitaire (GDS),le varron ne se développe pas que sur les bovins, comme le confirme le professeur Loc Matile du Muséum d'Histoire Naturelle ( annexe VI ).Les hôtes recensés d' H.bovis et lineatum sont, en plus des bovidés, les chèvres, les moutons, le cheval et l'homme. Il existe même des hypodermes qui parasitent l'âne et le cerf.

       Il ressort des documents consultés que lorsque l'hypoderme se développe sur des hôtes inhabituels, il peut devenir dangereux. Ainsi, D.S. Kettle (professeur émérite d'entomologie à l'Université de Queensland) a écrit en 1990 dans "Medicaland Veterinary Entomology":

       "...Quelques fois, l'infestation d'hôtes anormaux par la larve d'Hypoderma peut être fatale. Une invasion du cerveau d'un cheval par l'Hypoderma bovis aux Etats-Unis amena sa mort..." (page273).

       "...L'infestation d'hôtes inhabituels, si elle réussit, peut être plus dangereuse que sur les hôtes normaux..." (page 273).

      Le professeur Duhamel, parasitologue au CHU de Caen, refuse d'écrire que l'hypoderme ne peut pas parvenir au bout de ses mutations chez l'homme. Si cela se produisait, l'homme deviendrait un réservoir potentiel pour ce parasite où il ferait infiniment plus de dégâts que chez le bovin.

      Dans un document rédigé par l'INRA : " Le point sur l'hypodermose bovine en France en 2000 ", fourni par le Ministère de l'Agriculture, dans son mémoire devant la Cour d'Appel Administrative de Nantes, on trouve sous la signature de Chantal Boulard : "Dans les cas d'hypodermose humaine ces larves n'évoluent qu'exceptionnellement au stade varron". Ce qui revient à reconnaître qu'il peut exister une souche humaine d'hypoderme. Il s'agirait d'une mutation, mais la disparition de la souche bovine, souche mère, accroîtrait considérablement la probabilité que deux mutants de sexes opposés se rencontrent. L'éradication de la souche bovine, loin d'éliminer le danger pour l'homme, l'aurait considérablement accrû.

Pour obtenir son diplôme de docteur vétérinaire, Valérie Bland, épouse Clément, a rédigé sa thèse en 1990 sur la " Tentative d'éradication du Varron en Bourgogne".A aucun moment, elle ne se pose la question de l'impact biologique de l'action entreprise. Elle ne cherche pas le rôle du varron, elle se borne à étudier techniquement, froidement, sa disparition. Cependant, son travail est plein d'enseignements. On y apprend que les animaux infestés fabriquent des anticorps pour se défendre. Plus ils sont vieux, moins ils devraient avoir de varrons, car de mieux en mieux protégés par leurs défenses. Ces anticorps, à l'aide d'une analyse sérologique, permettent de savoir si l'animal hôte a été infesté récemment. Les GDS préconisent d'ailleurs de faire des contrôles sérologiques systématiques, pour s'assurer qu'il ne subsiste plus un seul varron sur les bovins français. Sauf la Corse que l'arrêté ministériel du 6 mars 2002 dispense de la prophylaxie.

      Les bovins systématiquement traités ne seront plus infestés et ne fabriqueront donc plus d'anticorps. Ils vieilliront sans posséder de défenses. Dans le même temps, les parasites se seront installés sur des hôtes inhabituels d'une part, et seront devenus résistants aux traitements d'autre part. Les exemples ne manquent pas de parasites qui devaient disparaître, à en croire les techniciens, et qui aujourd'hui non seulement existent toujours, mais résistent de mieux en mieux aux traitements : le doryphore, la piéride du chou, les poux humains. En Afrique, les invasions de criquets ont disparu. Les palmeraies prennent le même chemin car ces arbres sont attaqués par un parasite dont le seul prédateur est le criquet.

       Donc, en plus des dégâts importants que feront les varrons sur leurs hôtes anormaux, ils reviendront sur les bovins sans défense, et il n'est pas exagéré de penser que leur retour ne passera pas inaperçu. Joël Sternheimer a démontré que le varron inhibe le prion. Il a témoigné en ce sens devant deux juridictions pénales (annexe VII ).Cette recherche ne contredit pas les travaux de Mark  Purdey en Angleterre, ou les accusations portées contre les farines animales. Ces dernières ont disséminé des prions, les traitements ont fragilisé les animaux et provoqué des mutations de la protéine prion au point de la rendre pathogène, et l'éradication a fait sauter le dernier barrage au déclenchement de l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine, ou maladie de la Vache Folle). Comme cette maladie saute la barrière d'espèce, nous voyons apparaître des nouvelles variantes de la maladie de Creutzfeldt Jacob.

      La Coordination a publié un tableau statistique qui ne laisse pas de doute sur la corrélation entre l'éradication du varron et l'apparition de l'ESB. Pour le professeur Michel  Bounias, la probabilité que la liaison soit hasardeuse est de 1 sur 10 millions (annexe VIII).

      La dynamique des écosystèmes tente toujours de rétablir la circulation interrompue par la destruction d'un maillon. Il a, chaque fois, été démontré que le bilan n'est pas positif, au point que l'on développe aujourd'hui la défense intégrée ou biologique sur les plantes, en remplacement des traitements chimiques. Par bilan, il faut entendre la comparaison entre la situation de départ et celle d'arrivée. Par exemple, les attaques de doryphores coûtaient par la perte en pommes de terre. Ce coût est-il supérieur au prix des traitements actuels et à leurs conséquences pour la santé du sol et des consommateurs ? Si oui, le bilan est positif, si non il est négatif. L'agriculture biologique véritable (celle qui recherche les équilibres par opposition à celle qui ne fait que changer les produits de traitement) démontre tous les jours l'erreur, simplement en termes de coût, que constitue le réflexe traitement.

      Le traitement du varron détruit les vers intestinaux et quelques autres parasites. Comme ils établit un équilibre entre l'hôte et le parasite, toute intervention brutale n'a pour conséquence que de le détruire, et c'est toujours l'hôte qui paie la facture. Il faut donc s'attendre à de fortes perturbations des animaux traités. Le varron  est crédité de seulement 1 décès sur 1 million d'animaux, tandis que le traitement tue 1 bovin sur 20000. Qui peut garantir une totale innocuité à long  terme?   Personne et encore moins les promoteurs du traitement, à tel point qu'ils refusent de signer un papier garantissant qu'il n'y aura pas recolonisation de la niche écologique libérée (ce que nous appelons la charte déontologique).

      Les produits employés pour traiter ont, en général, des délais d'attente (période pendant laquelle le lait et la viande sont considérés comme impropres à la consommation). Ils ne sont en général pas respectés. Pour s'en assurer il suffit de constater qu'il n'y a pas de baisse dans l'approvisionnement des laiteries et des abattoirs. Or, comme le traitement a lieu à un moment bien précis de l'année(en général à l'automne), si les délais d'attente étaient respectés il devrait y avoir une grosse chute des livraisons.

      Pour échapper à cette obligation sanitaire, les GDS ont préconisé l'usage de la microdose d'Ivermectine. Avec cent fois moins de produit que la dose officielle le varron meurt.  Ce tour de passe passe était censé emporter l'adhésion des agrobiologistes et donner une couleur écologiste aux promoteurs. Ils avaient tout simplement oublié que l'Ivermectine est interdite sur les vaches laitières et que la microdose n'a pas d'AMM ( Autorisation de Mise sur le Marché ). Interdictions juridiques auxquelles il faut ajouter les dangers de mithridatisation des parasites (accoutumance aux poisons par l'ingestion régulière de faibles doses). A tel point que les assurances ont prévenu les vétérinaires qu'ils n'étaient pas couverts en cas d'accident.

      En Haute Loire le directeur du GDS a appelé les agriculteurs a continuer le déparasitage des bovins au delà du traitement varron obligatoire, au nom des résultats constatés. Si les agriculteurs n'avaient utilisé que la microdose ils n'auraient pas pu constater d'effet sur  les autres parasites. Cet appel est en fait l'aveu que derrière un prétendu traitement "écologique" ont été employés des produits et des doses bien différentes.

      Les bios ont cru échapper à toutes ces critiques en remplaçant les produits chimiques par de l'isothérapie, de l'eau oxygénée, etc... Les conséquences de l'éradication sont les mêmes, avec en plus, une inculpation possible pour publicité mensongère, si les services de répression des fraudes faisaient leur travail en toute indépendance. Car l'agriculture biologique se gargarise de respecter la vie, les écosystèmes et la biodiversité, ce qui n'est plus le cas quand elle accepte le principe d'éradication.

      Nous ne pouvons pas accepter que pour compenser leur incompétence, les tenants du "tout traitement" nous obligent à détruire les équilibres et les écosystèmes qui sont la base de la vie. Les animaux touristiques ne sont pas les seuls à devoir être protégés et montrés.  La biodiversité ne se divise pas. Lire (annexe IX) le témoignage du professeur Michel Bounias devant le tribunal pénal de Nantes.

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