- Lorsque le Conseil d'Etat rendit son arrêt reconnaissant au Ministre
de l'agriculture le droit de prendre des décisions "nonobstant
toutes dispositions législatives contraires" (y compris le principe
de précaution, ajoute la Cour administrative d'appel de Nantes), nous
avons décidé de dissoudre notre association.
- Pourquoi?
- Ces deux arrêts ont été rendus en réponse à notre argument,
essentiel sur le fond, issu de l'article L110-1 du code de
l'environnement.
- Que dit-il? Que les écosystèmes font partie du patrimoine de la
nation et que leur protection est un devoir pour tous. Sauf pour le
ministre de l'agriculture répond clairement le Conseil d'Etat. Quand le
ministre peut-il prendre une telle décision? Dans le cadre de l'article
L224-1 du code rural, c'est à dire à la demande de quelques gros agriculteurs
qui possèdent 60% du cheptel.
- Nous avons estimé que nous en avions fait assez.
- Puisque le ministre de l'agriculture, aux ordres d'intérêts privés,
peut bafouer toutes les lois, et puisque personne ne s'en offusque, nous
n'allions pas jouer les don Quichotte. Si les écologistes et les
politiciens qui se gargarisent de protection de la nature et du
consommateur acceptent qu'un ministre, patron du ministère le plus
polluant, puisse tout bafouer sur ordre de lobbies, cela dépasse nos compétences.
- Nous renvoyons la balle dans le camp des décideurs et nous nous
amusons beaucoup de leurs contorsions pour promouvoir l'agriculture
raisonnée.
- Notre solitude devant un tel scandale ne pouvait que nous inciter à
mettre un terme, sous cette forme du moins, à notre combat. Si nous
avions continué; nous aurions donné bonne conscience à tous ces
hypocrites qui auraient pu prétendre qu'ils nous soutenaient, alors
qu'ils laissent faire. Nous avons donc renoncé à toute action devant la
Cour Européenne des Droits de l'Homme. Que ceux qui désapprouvent notre
"suicide" s'engagent dans le combat. Nous avons tracé la voie.
- François Terrasson, spécialiste mondial de la biodiversité, n'a
jamais voulu écrire un simple mot en notre faveur. Il n'avait pas de
devoir de nous aider à vivre nous a-t-il écrit. Pelt n'a jamais répondu.
Reeves à la page 32 de "Mal de Terre" dénonce le concept de
croissance durable et à la page 202 souhaite un développement durable.
La Ligue pour les droits de l'animal non seulement est pour l'éradication
d'une espèce vivante (le varron) mais elle participe à l'élaboration de
cette prophylaxie au ministère, en violation complète de ses statuts.
Jusqu'au journal Silence qui se place du côté
des éradicateurs et qui, pour se justifier, publie délibérément des
mensonges.
- Lanza del Vasto disait qu'il ne sert à rien de ramer à contre-courant
en permanence, sinon à s'épuiser.
- Puisque tout le monde veut éradiquer le varron et tous les
"parasites" que désigneront la FNSEA et la Conf (parfaitement
solidaires sur ce dossier), qu'ils le fassent. Nous avons montré que
cette "prophylaxie" était illégale, que nous pouvions gagner,
qu'elle déclenchait la "Vache Folle", etc. Nous avons refusé
de la faire, nous pourrons regarder nos enfants en face et leur dire que
nous n'avons pas été complices. Que pouvions nous faire de plus,
seuls contre tous?
- Au fur et à mesure que le temps passait nos effectifs s'amenuisaient.
Non pas que nos adhérents changeaient d'avis, mais parce l'administration
sapait leur vie. Un subvention supprimée ici, un certificat refusé là, des menaces quasi
nominales au cours de réunions ou dans des lettres
officielles, des menaces physiques sur des journalistes attentifs à
nos arguments...
- Tous ces moyens coercitifs étaient illégaux, mais il aurait fallu
chaque fois saisir la justice, perdre du temps et gaspiller de l'argent.
Alors quelques uns partirent. D'autres entraient avec des intentions étranges
et il fallait veiller au grain pour éviter de se retrouver sur un terrain
qui n'était pas le nôtre. Durer dans ces conditions ne pouvait
qu'accentuer notre vulnérabilité.
-
- Notre fonctionnement autogestionnaire nous a évité bien des ennuis,
mais à la longue des habitudes devenaient des vulnérabilités.
- En durant nous nous fonctionnariserions et nous courrions des risques.
Un journaliste du Monde par exemple a demandé à Joël Sternheimer de lui
réserver l'exclusivité de son témoignage au procès de Nantes. Mais
ce journal n'a jamais publié! Comme si cet acte de censure ne suffisait
pas, ce même journaliste nous a proposé une action qui devait nous
conduire à la "Une" des grands journaux et sur les studios de télé.
II n'en fut rien, mais à deux reprises son commanditaire tenta de nous dévoyer
en nous entraînant sur des terrains qui nous auraient fait disparaître.
- L'extrême droite tenta à plusieurs reprises et de diverses manières
de nous infiltrer. Curieusement François Dufour était parfaitement
informé de ces manoeuvres. Nous retrouvons là les agissements habituels
des politiciens qui s'unissent, toutes tendances confondues, pour faire
taire un adversaire trop dérangeant.
- Nous
avons, à plusieurs reprises, mis à jour le fonctionnement politicien de
nos responsables syndicaux agricoles. Faisant, selon l'auditoire, des
discours contradictoires, pour empêcher toute union de la base et toute
prise de conscience qui gêneraient leur maintien au pouvoir.
- Par exemple lorsque la Conf écrivait qu'il fallait s'opposer à l'éradication
du varron dans un communiqué national, tout en ne publiant rien dans son
journal et en laissant sa section de LoireAtlantique engager des procédures
contre nous. Si nos camarades Gérard Hauraix et Régis Boileau n'ont pas
été traités de force, on le doit à une exceptionnelle mobilisation de
la base, car la Conf locale avait donné l'ordre à la DSV de le faire.
- Nous
sommes conduits à parler de la force que nous avons réussi à développer.
Elle résulte de la justesse de nos arguments et de sa compréhension
par la base. Où que nous ayons pris la parole nos propos ont été
compris et acceptés par les simples citoyens. Ils n'ont pas eu la
force de se joindre à nous, mais ils nous ont aidés à leur manière
chaque fois que nous le leur avons demandé.
- Par contre tous ceux qui avaient une fonction dirigeante se sont ralliés
à la thèse officielle ou ont démissionné de leur poste.
-
- Avant que la Coordination existe quelques agriculteurs se sont battus
seuls. Emile Gernigon de Bretagne fut de ceux-là. II affronta le tribunal
de police et la Cour d'appel. II perdit les procès mais pas sa dignité.
- Ce ne sont ni les bios ni les écolos qui lui vinrent en aide. A cette
époque un vétérinaire membre du conseil d'administration de Nature et
Progrès appelait dans le journal à accepter l'éradication.
-
- A Brioude les bios invitaient le technicien de la FNGDS pour expliquer
qu'ils acceptaient l'éradication à la micro dose d'Ivermectine, et ce
devant un panel de responsables bios de toute l'Europe. Si tous ces gens
avaient fait leur devoir, avaient respecté leurs cahiers des charges...
l'éradication n'aurait jamais eu lieu, car à la base il y avait
suffisamment de monde pour la refuser !
-
- L'arrêt
du Conseil d'Etat n'a fait que prolonger une situation ubuesque. En
voici deux exemples. En Aveyron sur le même argument le tribunal de
police de Villefranche de Rouergue relaxa et celui d'Espalion condamna.
Nos camarades menèrent l'affaire en cassation. La Cour, sans
même examiner tous les moyens rejeta le pourvoi et nos amis durent payer.
Pendant ce temps ils avaient engagé une action en annulation de l'arrêté
préfectoral. Le tribunal administratif de Toulouse leur donna raison !
Ils furent donc condamnés en cassation sur un arrêté illégal et annulé
par la suite. Le principe de justice voudrait qu'ils soient réhabilités,
mais cette procédure n'existe pas en France.
- En Normandie, le GDS demanda l'autorisation de traiter de force chez
deux agriculteurs. Le tribunal refusa. Qu'à cela ne tienne, le préfet
fit faire la prophylaxie sous la protection de la gendarmerie chez Benoit
Lacroix. Le tribunal condamna cette intervention, mais les bêtes
furent polluées. Le deuxième agriculteur échappa au même sort devant
la mobilisation massive de la base encore une fois, car tous les
dirigeants laissaient faire.
-
- Pendant tout le temps de notre existence, et
encore maintenant, nous avons tenu informés les mouvements écologistes.
- Nous ne reçûmes aucune réponse à nos
courriers. II fallut attendre 2004 pour qu'un représentant national des
Verts vienne à notre AG. Encore s'est-il bien gardé de tout écrit de
quelque sorte. Cet autisme, non seulement national mais international,
restera pour longtemps le plus grand mystère que nous ayons eu à connaître.
- Nous avons envoyé des centaines de lettres dans
de très nombreux pays étrangers. Nous n'avons jamais trouvé une
quelconque résistance au principe d'éradication. Nous n'avons jamais pu
dialoguer sur ce sujet avec qui que ce soit.
- On nous a opposé le plus grand silence. A croire
que nous fûmes les seuls au monde à nous être élevés contre cette
pratique.
- Les dirigeants agricoles ont bien l'intention de
continuer sur leur lancée et de multiplier ces "prophylaxies"
lucratives de complaisance.
- Nous nous retrouverons donc dans d'autres refus,
sous les formes les plus opportunes. Le combat continue, pour la liberté,
pour la vie.
- Les
phénix vous saluent bien.
- Le
ler mai 2004
-
liens
:
- -
"Nonobstons"
: Ordre du jour de l'AG des 24 et 25 janvier
2004.
-
- -
Dossiers
divers
de la Coordination :
- - POURQUOI S'OPPOSER A L'ÉRADICATION DU
VARRON ? etc : retour
varron
-