archives...la coordination n'existe plus depuis janvier 2004...
 
Coordination nationale contre l'éradication du varron, pour une agriculture responsable -
La Ribe, 43430 Les Vastres, 04 7159 53 43

Raisons de notre dissolution

Lorsque le Conseil d'Etat rendit son arrêt reconnaissant au Ministre de l'agriculture le droit de prendre des décisions "nonobstant toutes dispositions législatives contraires" (y compris le principe de précaution, ajoute la Cour administrative d'appel de Nantes), nous avons décidé de dissoudre notre association. 
Pourquoi?
Ces deux arrêts ont été rendus en réponse à notre argument, essentiel sur le fond, issu de l'article L110-1 du code de l'environnement. 
Que dit-il? Que les écosystèmes font partie du patrimoine de la nation et que leur protection est un devoir pour tous. Sauf pour le ministre de l'agriculture répond clairement le Conseil d'Etat. Quand le ministre peut-il prendre une telle décision? Dans le cadre de l'article L224-1 du code rural, c'est à dire à la demande de quelques gros agricul­teurs qui possèdent 60% du cheptel.
Nous avons estimé que nous en avions fait assez. 
Puisque le ministre de l'agriculture, aux ordres d'intérêts privés, peut bafouer toutes les lois, et puisque personne ne s'en offusque, nous n'allions pas jouer les don Quichotte. Si les écologistes et les politiciens qui se gargarisent de protection de la nature et du consommateur acceptent qu'un ministre, patron du ministère le plus polluant, puisse tout bafouer sur ordre de lobbies, cela dépasse nos compétences. 
Nous renvoyons la balle dans le camp des décideurs et nous nous amusons beaucoup de leurs contorsions pour promouvoir l'agriculture raisonnée. 
Notre solitude devant un tel scandale ne pouvait que nous inciter à mettre un terme, sous cette forme du moins, à notre combat. Si nous avions continué; nous aurions donné bonne conscience à tous ces hypocrites qui auraient pu prétendre qu'ils nous soutenaient, alors qu'ils laissent faire. Nous avons donc renoncé à toute action devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Que ceux qui désapprouvent notre "suicide" s'engagent dans le combat. Nous avons tracé la voie.
François Terrasson, spécialiste mondial de la biodiversité, n'a jamais voulu écrire un simple mot en notre faveur. Il n'avait pas de devoir de nous aider à vivre nous a-t-il écrit. Pelt n'a jamais répondu. Reeves à la page 32 de "Mal de Terre" dénonce le concept de croissance durable et à la page 202 souhaite un développement durable. La Ligue pour les droits de l'animal non seulement est pour l'éradication d'une espèce vivante (le varron) mais elle participe à l'élaboration de cette prophylaxie au ministère, en violation complète de ses statuts. Jusqu'au journal Silence qui se place du côté des éradicateurs et qui, pour se justifier, publie délibérément des mensonges. 
Lanza del Vasto disait qu'il ne sert à rien de ramer à contre-courant en permanence, sinon à s'épuiser. 
Puisque tout le monde veut éradiquer le varron et tous les "parasites" que désigneront la FNSEA et la Conf (parfaitement solidaires sur ce dossier), qu'ils le fassent. Nous avons montré que cette "prophylaxie" était illégale, que nous pouvions gagner, qu'elle déclenchait la "Vache Folle", etc. Nous avons refusé de la faire, nous pourrons regarder nos enfants en face et leur dire que nous n'avons pas été complices. Que pouvions nous faire de plus, seuls contre tous?
Au fur et à mesure que le temps passait nos effectifs s'amenuisaient. Non pas que nos adhérents changeaient d'avis, mais parce l'administration sapait leur vie. Un subvention supprimée ici, un certificat refusé là, des menaces quasi nominales au cours de réunions ou dans des lettres officielles, des menaces physiques sur des journalistes attentifs à nos arguments... 
Tous ces moyens coercitifs étaient illégaux, mais il aurait fallu chaque fois saisir la justice, perdre du temps et gaspiller de l'argent. Alors quelques uns partirent. D'autres entraient avec des intentions étranges et il fallait veiller au grain pour éviter de se retrouver sur un terrain qui n'était pas le nôtre. Durer dans ces conditions ne pouvait qu'accentuer notre vulnérabilité.
Notre fonctionnement autogestionnaire nous a évité bien des ennuis, mais à la longue des habitudes devenaient des vulnérabilités. 
En durant nous nous fonctionnariserions et nous courrions des risques. Un journaliste du Monde par exemple a demandé à Joël Sternheimer de lui réserver l'exclusivité de son témoignage au procès de Nantes. Mais ce journal n'a jamais publié! Comme si cet acte de censure ne suffisait pas, ce même journaliste nous a proposé une action qui devait nous conduire à la "Une" des grands journaux et sur les studios de télé. II n'en fut rien, mais à deux reprises son commanditaire tenta de nous dévoyer en nous entraînant sur des terrains qui nous auraient fait disparaître. 
L'extrême droite tenta à plusieurs reprises et de diverses manières de nous infiltrer. Curieusement François Dufour était parfaitement informé de ces manoeuvres. Nous retrouvons là les agissements habituels des politiciens qui s'unissent, toutes tendances confondues, pour faire taire un adversaire trop dérangeant.
Nous avons, à plusieurs reprises, mis à jour le fonctionnement politicien de nos responsables syndicaux agricoles. Faisant, selon l'auditoire, des discours contradictoires, pour empêcher toute union de la base et toute prise de conscience qui gêneraient leur maintien au pouvoir.
Par exemple lorsque la Conf écrivait qu'il fallait s'opposer à l'éradication du varron dans un communiqué national, tout en ne publiant rien dans son journal et en laissant sa section de Loire­Atlantique engager des procédures contre nous. Si nos camarades Gérard Hauraix et Régis Boileau n'ont pas été traités de force, on le doit à une exceptionnelle mobilisation de la base, car la Conf locale avait donné l'ordre à la DSV de le faire.
Nous sommes conduits à parler de la force que nous avons réussi à développer. Elle résulte de la justesse de nos arguments et de sa compréhension par la base. Où que nous ayons pris la parole nos propos ont été compris et acceptés par les simples citoyens. Ils n'ont pas eu la force de se joindre à nous, mais ils nous ont aidés à leur manière chaque fois que nous le leur avons demandé. 
Par contre tous ceux qui avaient une fonction dirigeante se sont ralliés à la thèse officielle ou ont démissionné de leur poste. 
 
Avant que la Coordination existe quelques agriculteurs se sont battus seuls. Emile Gernigon de Bretagne fut de ceux-là. II affronta le tribunal de police et la Cour d'appel. II perdit les procès mais pas sa dignité. 
Ce ne sont ni les bios ni les écolos qui lui vinrent en aide. A cette époque un vétérinaire membre du conseil d'administration de Nature et Progrès appelait dans le journal à accepter l'éradication.
 
A Brioude les bios invitaient le technicien de la FNGDS pour expliquer qu'ils acceptaient l'éradication à la micro dose d'Ivermectine, et ce devant un panel de responsables bios de toute l'Europe. Si tous ces gens avaient fait leur devoir, avaient respecté leurs cahiers des charges... l'éradication n'aurait jamais eu lieu, car à la base il y avait suffisamment de monde pour la refuser !
 
L'arrêt du Conseil d'Etat n'a fait que prolonger une situation ubuesque. En voici deux exemples. En Aveyron sur le même argument le tribunal de police de Villefranche de Rouergue relaxa et celui d'Espalion condamna. Nos camarades menèrent l'affaire en cassation. La Cour, sans même examiner tous les moyens rejeta le pourvoi et nos amis durent payer. Pendant ce temps ils avaient engagé une action en annulation de l'arrêté préfectoral. Le tribunal administratif de Toulouse leur donna raison ! Ils furent donc condamnés en cassation sur un arrêté illégal et annulé par la suite. Le principe de justice voudrait qu'ils soient réhabilités, mais cette procédure n'existe pas en France. 
En Normandie, le GDS demanda l'autorisation de traiter de force chez deux agriculteurs. Le tribunal refusa. Qu'à cela ne tienne, le préfet fit faire la prophylaxie sous la protection de la gendarmerie chez Benoit Lacroix. Le tribunal condamna cette intervention, mais les bêtes furent polluées. Le deuxième agriculteur échappa au même sort devant la mobilisation massive de la base encore une fois, car tous les dirigeants laissaient faire.
Pendant tout le temps de notre existence, et encore maintenant, nous avons tenu informés les mouvements écologistes.
Nous ne reçûmes aucune réponse à nos courriers. II fallut attendre 2004 pour qu'un représentant national des Verts vienne à notre AG. Encore s'est-il bien gardé de tout écrit de quelque sorte. Cet autisme, non seulement national mais international, restera pour longtemps le plus grand mystère que nous ayons eu à connaître. 
Nous avons envoyé des centaines de lettres dans de très nombreux pays étrangers. Nous n'avons jamais trouvé une quelconque résistance au principe d'éradication. Nous n'avons jamais pu dialoguer sur ce sujet avec qui que ce soit. 
On nous a opposé le plus grand silence. A croire que nous fûmes les seuls au monde à nous être élevés contre cette pratique.
Les dirigeants agricoles ont bien l'intention de continuer sur leur lancée et de multiplier ces "prophylaxies" lucratives de complaisance. 
Nous nous retrouverons donc dans d'autres refus, sous les formes les plus opportunes. Le combat continue, pour la liberté, pour la vie.
Les phénix vous saluent bien.
Le ler mai 2004

liens :

- "Cette fois la fin est là !" ( 01/11/06 ) et récapitulatif des dernières procédures judiciaires ici
- "Nonobstons" : Ordre du jour de l'AG des 24 et 25 janvier 2004.
- Compte rendu de l'AG des 24 et 25 janvier 2004
 - Le journal Silence et la Coordination...  (2002/2003)
 
- Dossiers divers  de la Coordination :
- LA COORDINATION
 - POURQUOI S'OPPOSER A L'ÉRADICATION DU  VARRON ?   etc : retour varron